Travailler plus pour gagner
plus, il y a ceux à qui ça plaît. Et puis il y
a ceux qui aimeraient faire autre chose de leur vie. Notre slogan
sera donc : Gagnons moins pour travailler moins !
La
société qui est la notre présente un paradoxe
intéressant : d’un côté, jamais nous
ne sommes allé aussi vite. Grâce au
développement des technologies, voitures, TGV, avions nous
permettent de nous déplacer à une vitesse toujours
plus grande. L’informatique nous permet
d’exécuter des tâches toujours plus nombreuses
en un clin d’oeil. Pourtant, d’un autre
côté, nous n’avons jamais le temps de rien
faire. Amusant, n’est-ce pas ?
Qui n’a
jamais eu l’impression de n’être qu’une
abeille parmi les autres dans la ruche ? Qui n’a jamais
eu le sentiment que sa vie défilait sans qu’il puisse
rien faire pour la retenir ? Qui n’a jamais
été débordé, littéralement, de
travail ? Qui n’a jamais été
stressé par le rythme trépidant de sa vie ? Qui
n’a jamais regretté de ne pas consacrer assez de temps
à ses projets personnels, ou à sa
famille ?
e lever
tôt, emmener les gosses à l’école, courir
(ou plutôt, rouler) au travail, manger sur le pouce, se
gorger de café pour tenir la journée, retourner
chercher les mioches à la sortie de l’école,
aller faire les courses au supermarché, jouer aux
auto-tamponneuses avec les caddies, rentrer faire la cuisine,
coucher les marmots, et s’affaler devant la
télé, enfin, pour se vider le
cerveau.
Qui n’a
jamais vécu de pareille journée ? Est-ce la
journée rêvée ? Le rêve
occidental ? Pourtant, ce type de vie est
présenté comme le modèle absolu de la
réussite, la “vie de monsieur et madame
toutlemonde”, le résultat ultime de millions
d’années d’évolution.
Il y a ceux
qui s’en contentent. Tant mieux pour eux. Et puis il y a les
autres, ceux qui aspirent à autre chose. Qui ne veulent pas
que leur vie se résume au métro-boulot-dodo. Qui
refusent d’être des esclaves de
l’économie, sacrifiant leur temps à faire
tourner la civilisation capitaliste. Étudions de plus
prêt comment retrouver une vie moins stressante et plus
épanouissante.
Travailler plus pour gagner
plus
Le concept est
à la mode. Les français seraient des
fainéants. “Travailler plus pour gagner plus”
fut même un des slogans choc de la campagne de notre actuel
président. Vous voulez du pouvoir d’achat ? Et
bien, trimez, bandes de mollusques ! L’équation
paraît simple : travail = argent => plus de travail =
plus d’argent. Même un enfant pourrait comprendre, et
saliver à l’idée de l’augmentation de son
argent de poche.
Faisons
abstraction de toutes les conséquences économiques et
sociales de telles mesures (ce n’est pas le propos du blog),
et attachons nous aux conséquences individuelles. Avant de
crier au génie, peut-être faudrait-il se poser
quelques secondes pour réfléchir (habitude Ô
combien perdue de nos jours) : gagner plus ? Mais
pourquoi faire ?
Pour survivre, un
être humain nécessite plusieurs
éléments : un toit, de la nourriture, du
sommeil, la sécurité, etc. Ce que l’on nomme
des besoins primaires. Une fois la survie assurée,
l’être humain aspire à plus : vivre,
s’épanouir. Et pour cela, la seule satisfaction de
contribuer à la société et de gagner de quoi
nourrir sa famille ne suffit pas.
La
société de consommation a travaillé dur pour
faire disparaitre de nos vies ce qui ne lui sert pas. Nos
tâches quotidiennes ne laissent désormais plus de
place à la vie contemplative, l’art, la poésie,
le jeu, l’humour, le jardinage, ou tout simplement… le
repos.
La
solidarité ? Plus besoin ! À la place,
travaillons pour nous payer de belles assurances. Plus le temps de
bricoler, il faut travailler pour payer le plombier. La
convivialité ? Mais mon pauvre, vous croyez qu’on
a le temps d’aller au marché discuter avec les
commerçants locaux des produits qu’on met dans nos
assiettes ? À la place, je prends ma voiture, et je
brûle du bon pétrole pour aller au supermarché
qui me présente des beaux fruits sans goût mais bien
luisants et qui ont voyagé sur des milliers de
kilomètres.
Gagner moins pour travailler
moins
Le constat est le
suivant : aujourd’hui, il faut travailler toujours plus,
simplement pour payer les frais occasionnés par notre
travail. Il faut payer la voiture qui nous sert à venir
travailler. Il faut payer les plats tout préparés,
alors que nous pourrions cuisiner si nous avions plus de temps. Il
faut payer des professionnels pour bricoler à notre place.
Il faut payer la nourrice qui garde les enfants pendant que nous
sommes au bureau, etc.
Ce que je
propose, c’est de chercher des alternatives pour
réduire conjointement nos frais et notre temps de travail,
tout en vivant une vie plus épanouissante. Travailler moins,
c’est se donner le temps de vivre. Mais travailler moins,
c’est aussi gagner moins. Et oui ! Nous allons donc
tâcher de réduire nos dépenses, pour nous
donner le pouvoir de réduire notre temps de travail, et ceci
sans impact négatif sur notre qualité de
vie.
La voiture : une belle
saloperie
Les transports
représentent aujourd’hui le deuxième poste de
dépense des ménages (la première étant
le logement), et la voiture y est pour quelque chose. En 2005, le
budget annuel d’un possesseur de clio (la voiture la plus
vendue en France) était de 4784 € ! Soit
l’équivalent grosso-modo de trois salaires.
Ce qui nous fait
400 € par mois. Pas mal, non ? Et si vous possédez
une 307, la note monte à plus de 600 € ! Alors on
me dira : la voiture, c’est pratique, ça va vite,
on ne peut plus vivre sans, etc. Calembredaines et
billevesées ! La voiture est un fléau !
Pour l’environnement, la santé, les paysages, les
piétons et les cyclistes, la voiture est une
calamité.
En plus, la
voiture est loin d’être aussi rapide qu’on ne le
croit. “Au sein des agglomérations françaises,
la vitesse moyenne des voitures oscille entre 15 et 20 km/h, soit
à peu près la vitesse moyenne d’un
vélo !” Et si on compte le temps passé
à travailler pour payer son mode de transport,
l’argument de la vitesse ne tient pas.
Alors, vous
voulez rendre le monde meilleur, tout en gagnant 600 € par
mois ? Facile : balancez votre chignole à la
casse, et le tour est joué. Vous n’avez pas encore de
voiture ? Avant d’en acheter une, demandez vous si vous
avez envie de balancer 600 € par la fenêtre tous les
mois.
Bien sûr,
il faudra investir un peu dans des alternatives. Acheter un
vélo, ainsi que des sacoches, par exemple. Ou un abonnement
pour les transports en commun. Et prendre le train pour les
déplacements longs. Mais croyez moi, avec tout ça,
vous ne dépenserez jamais autant qu’en
possédant une voiture.
L’alimentation : revenir
à l’essentiel
Après le
logement et les transports, l’alimentation est le
troisième poste de dépense. Et pourtant, la
nourriture représente une part de plus en plus faible du
budget total. On est passé de 28.6% en 1960 à 13.1%
en 2005.
Soyons clair, je
suis résolument contre économiser sur la
nourriture ! Après tout, ce qu’on mange,
c’est ce qu’on est. C’est le carburant de la vie.
On ne peut espérer être en bonne santé sans une
alimentation correcte.
Néanmoins,
il reste possible de manger mieux en payant moins. Comment ?
En redonnant sa place à l’essentiel. Fini les plats
tout préparés, pleins de graisse, bourrés de
sel et de sucre et suremballés, place aux bons fruits et
légumes. Au revoir, les gateaux, biscuits et sucreries. Il
est bien plus rentable de les cuisiner soi même (farine,
oeufs, sucre, four, le tour est joué). Et mangez moins de
viande. La viande sa coûte cher, et a pollue !
Consommez des
produits de saison, et locaux, pour être sûr
qu’ils n’ont pas parcouru des milliers de
kilomètres avant d’arriver dans votre assiette. Ils
auront meilleur goût et leur qualité nutritive sera
plus importate. Et mangez bio, pour ne pas ingérer de
saloperies chimiques et ne pas soutenir l’agricultre
intensive qui épuise la terre.
Buvez l’eau
du robinet, pas de l’eau minérale en bouteille. Au
besoin, prenez un filtre à eau. Il est aussi possible de
diminuer drastiquement le budget restaurant. Cuisinez pour deux
repas la veille, vous n’aurez qu’à emporter. Le
café du matin ? Remplacez le par un thé,
préparé à domicile et que vous emporterez dans
un thermos. Il vous coutera 10 fois moins cher si vous faites
pousser de la menthe sur votre balcon. Et si vous habitez à
la campagne, un potager remplacera avantageusement votre
gazon.
Bien entendu,
n’acheter que des produits de base signifie que vous passerez
plus de temps à cuisiner. Mais remplacer 20 minutes de
travail par 20 minutes de cuisine, après tout,
peut-être n’y perdrez vous pas au change ? De
même, comme les produits sont frais, il faudra faire les
courses moins, mais plus souvent. Mais si vous les faites à
vélo au marché, et plus en grande surface, vous
transformerez une source de stress en plaisir.
Une alimentation
bien pensée est source de plaisir et de santé, alors
si ça vous coûte moins cher, pourquoi s’en
priver ?
Les loisirs : simple is
beautiful
La part des
loisirs augmente dans le budget des ménages. Nous vivons une
vie de plus en plus stressante. Résultat : de plus en
plus besoin de se distraire, de se libérer la tête, et
3h30 de télé par jour en moyenne ! Vous voulez
faire des économies : limitez au maximum les loisirs
qui coûtent, et remplacez les par des loisirs
“pratiques et productifs”.
Un abonnement
à la médiathèque remplacera avantageusement
vos achats de livres et de cd. Le bricolage vous permettra
d’entretenir votre intérieur et d’être
plus autonome en économisant le salaire d’un
professionnel. Soyez marmiton, cuisinez en famille, et terminez vos
soirées attablés autour d’un jeu de
société, plutôt que devant la
télé.
Vous voulez
partir en vacances ? Évadez vous en train chez de la
famille, au lieu d’aller en avion au Maroc ou en
Australie.
Et surtout,
surtout, banissez le lèche-vitrine, l’achat non comme
un moyen mais comme un fin. Votre porte monnaie vous dira
merci.
La communication : ou comment
retrouver l’art de la retrouvaille
Les portables,
c’est bien, c’est pratique, ça permet de parler
à qui on veut quand on veut. Ça permet de ne pas se
prendre la tête à se donner des rendez-vous.
Allo ! T’es où ?
Sauf qu’un
portable qui sonne au milieu d’une séance de
ciné, ou quand un inconnu me raconte sa vie en beuglant dans
le tram, ou quand je vois des couples qui marchent côte
à côte chacun parlant dans son mobile, ben ça
m’énerve, na !
Alors, quand on
voit le prix des communications, ça vaut peut-être la
peine de le bazarder pour se remettre à envoyer des lettres
ou des cartes postales, non ? Vous dites qu’il est
impossible de s’en passer ? Pendant des millions
d’années, on y a bien réussi…
Quelques conseils d’ordre
général
Pour ne pas
dépenser bêtement son argent, paradoxalement, il vaut
mieux dépenser plus, mais miser sur la qualité, que
d’acheter de la gnognotte au prix le plus bas. Des produits
de mauvaise qualité doivent souvent être
remplacés, et il est rarement possible de les
réparer. À long terme, à force de vouloir
réaliser des économies de bouts de chandelles, vous
dépenserez beaucoup plus.
Tâchez
d’être le plus autonome possible. Soyez un adepte du
“faites le vous même”, qu’il s’agisse
de cuisine ou de plomberie. Faire appel à un professionnel
coûte cher. Pourtant, il est vituellement possible de tout
faire soi même, cuisine, jardinage, bricolage. Bien entendu,
il n’est pas forcément possible, ni même
souhaitable de vivre en autarcie complète. Mais souvenez
vous que autonomie = économies.
Enfin,
évitez le gaspillage. De trés bons conseils sur le
site de l’ADEME, l'Agence de l'environnement et de la
Maîtrise de l'Energie.
Il existe bien
d’autres moyens de vivre mieux en dépensant moins. Si
vous avez de bonnes idées, laissez moi un petit commentaire,
merci.