Le soleil se lève et nous
voilà encore en cette aurore de troisième
millénaire, spectateurs de nos échecs, acteurs de nos
futurs. On avait pourtant juré et de Nuremberg à
Sarajevo, rien n'a changé, juste la manière. Comme si
l'humanité elle même s'infligeait sa propre
sélection naturelle, comme si le sang nourrissait le
progrès et le progrès le sang. C'est étrange,
Internet est là mais y'a plus d'éducation et les
symboles ont pris feu, sous des slogans de paix, la crise est
née, sous des rêves d'amour, sida et latex ont
enterré le Rock, aujourd'hui c'est Disco 2000 et
dragées pour baiser.
Mais putain n'y-a-t'il rien à foutre ici que supporter le
cul de cette société bien assise entre un restant
d'humanité et un confort capitaliste que chacun serre dans
sa main comme on sert le sein d'une nourrice. Et puis la France...
Un américain disait :"La France, ah oui, c'est le pays qui
se range toujours du côté des vainqueurs",
espèce d'inculte bâtard d'américain, t'avais
bien raison.
J'en ai marre d'entendre les mêmes conneries à
longueur d'ondes, la même merde qu'on livre par kilotonnes
à des milliards de crétins qui n'ont pas le choix.
Non la Terre n'est pas ronde, elle est carrée,
câblée, et nos coeurs avec. Et puis les extrêmes
montent et puis les gens ne lisent plus, la violence devient une
communication et la réflexion meurt sous les milliers
d'assauts quotidiens que nous livrent les Microsoft et autres
fascistes de la communication.
Ah la "communication", quel grand mot.
Aujourd'hui le bruit rassure et le silence fait peur.
Ce soir, je viens de te laisser un message pas très joyeux
car ce soir... c'est la fin d'une histoire d'amour, en tout cas la
fin physique... les êtres aimés des Dieux meurent
jeunes.
Au moins les lettres ont plus le parfum des souvenirs et des coeurs
que les conversations de nos portables.
Quand je regarde un peu en arrière, j'ai le sentiment d'un
jour et d'une nuit qui se sont croisés sans jamais vraiment
accoucher du crépuscule ou de l'aurore qui font
véritablement la beauté de la lumière, et des
ténèbres. Un jour...
Posée comme une étoile, y'a cette photo de toi,
posée sur le bureau de cette chambre d'hôtel, cette
photo que je n'ai pas mais que j'imagine. Mais ce n'est pas toi qui
me manques en fait il me manque celui que je fuis, je voudrais fuir
ce que je connais, fuir ce qui nous appartient, fuir ce que j'aime,
je voudrais m'en aller vers un endroit. Mais Dieu que c'est dur
d'avoir vingt et un ans tout seul et j'ai mal à la
tête et à l'univers entier, et putain que c'est bon
d'aller vite car nos jours sont comptés chère soeur
d'aventure, car nos jours sont comptés cher frère de
luxure, et le décompte va vite.
La nuit est si belle ce soir. Il pleut et le chuchotement des
gouttes berce un monde qui s'endort.
C'est Dieu qui pleure ! C'est Dieu qui pleure ! Au moins nous ne
sommes pas seuls. Finalement c'est un peu ça, le ciel est le
vrai compagnon de larmes, c'est un peu triste mais c'est
déjà ça.