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Les vampires

Cry little sister - Theme From The Lost Boys  (Les vampires) posté le mercredi 21 février 2007 20:00



 
 
 
 A last fire will rise behind those eyes
Black house will rock, blind boys don't lie
Immortal fear, that voice so clear
Through broken walls, that scream I hear

Cry, little sister - Thou shall not fall
Come to your brother - Thou shall not die
Unchain me, sister - Thou shall not fear
Love is with your brother - Thou shall not kill

Blue masquerade, strangers look on
When will they learn this loneliness?
Temptation heat beats like a drum
Deep in your veins, I will not lie

Little sister - Thou shall not fall
Come to your brother - Thou shall not die
Unchain me, sister - Thou shall not fear
Love is with your brother - Thou shall not kill

My Shangri-Las
I can't forget
Why you were mine
I need you now

Cry, little sister - Thou shall not fall
Come to your brother - Thou shall not die
Unchain me, sister - Thou shall not fear
Love is with your brother - Thou shall not kill

 
 
 


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Les mille visages de Dracula (3)  (Les vampires) posté le jeudi 15 février 2007 18:03


 

 

 

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De multiples visages pour un même goût du sang

 

 

Image classique de la littérature fantastique du 19ème siècle, le Dracula de Bram Stoker a donné vie à de nombreuses autres créatures vampiriques répondant à des codes aussi bien visuels que thématiques. Le plus connu d’entre eux est sans conteste Louis de la Pointe Du Lac, qui vit le jour en 1976 sous l’impulsion d’Anne Rice dans « The Vampires Chronicles ». Dandy torturé, Louis fut transformé en vampire vers 1790 par Lestat de Lioncourt qui voulait faire de ce dernier son compagnon. Vampire romantique par essence, il est constamment déchiré par sa double condition d’être humain et de monstre. S’apitoyant sur son sort et sur l’éternité auquel il est condamné, il pleure sur son humanité perdue tout en cherchant désespérément une illusoire rédemption.

Interprété par Brad Pitt au cinéma (Entretien avec un vampire réalisé par Neil Jordan, 1994), ce vampire romantique se décline également sous les traits d’Angel (David Boreanaz dans la série télévisée « Buffy contre les Vampires » puis son spin-off « Angel ».

Moins célèbre, Edward Weyland (« Vampire ordinaire » de Suzy Mckee Charnas-1980) est le prototype même du vampire caméléon qui ne possède aucune des tares physiques de son état, ce qui lui permet d’évoluer, de changer et de s’adapter à toutes les sociétés dans lesquelles il sévit. Solitaire et cynique, il passe son temps à cacher les corps de ses victimes et à adapter son comportement social. Monsieur tout le monde aurait pu être le surnom de Steven Grlscz (alias Jude Law) dans La sagesse des Crocodiles réalisé par Po-Chih Leong en 1998. Ce vampire, tout droit sorti de l’imagination des scénaristes hollywoodiens, ressemble à tout le monde, vit comme tout le monde, mange comme tout le monde… En somme rien ne le différencie d’un humain ordinaire, si ce n’est une accumulation de cadavres de jeunes femmes dans ses placards.

A la différence de Weyland et de Grlscz, le vampire insatisfait de son état est un être entre deux mondes qui ne trouve sa place ni dans l’univers de la nuit dont il est issu, ni dans celui de la société urbaine traditionnelle. Refusant sa condition de suceur de sang, il se retourne contre les siens afin d’apaiser les tourments de son âme –comme Blade (alias Wesley Snipes dans Blade) ou Sonja Blue (« Sonja Blue series » écrit par nacy A. Collins depuis 1989).

Eternels adolescents pour lesquels la vie (surtout immortelle) n’est qu’un vaste terrain de jeu où tout est permis, surtout le pire, les vampires gothic-punk sévissent dans les univers underground où abonnent la drogue, l’alcool, le rock, le sexe et la violence gratuite. Apôtres parmi les apôtres, David (alias Kiefer Sutherland dans Génération perdue et Zillah (« Lost Souls » de Poppy Z. Brite – 1992) traînent leur look de rebelle indompté de fêtes en orgie, ne prenant du recul que pour croquer une nouvelle victime non-consentante. Pour ces vampires jouisseurs, les prises de conscience métaphysique sont pour les autres.

En bas âge au moment où ils sont devenus des vampires, les vampires, les enfants vampires vivent particulièrement mal leur statut, ce qui les rend complexes et paradoxaux. Prisonniers d’une apparence physique juvénile, leur monstruosité n’en est que plus apparente, surtout lorsqu’ils s’attaquent à leurs parents. C’est ce que n’hésite pas à faire Claudia (alias Kirsten Dunst) dans Entretien avec un vampire.

Mais revenons-en à l’origine de toutes ces créatures de la nuit, au vampire traditionnel présenté comme un aristocrate d’un certain âge et de préférence étranger, comme un dandy séducteur malgré des mœurs légèrement hors du commun, le comte Dracula.

Créature miroir, Dracula, et par voie de conséquence le personnage du vampire, nous renvoie à notre propre inconscient tout en symbolisant des peurs universelles et collectives.

La première peur à laquelle il se réfère est la peur de la nuit et de l’obscurité, dans laquelle naissent ou prennent ou prennent refuge de nombreuses créatures malfaisantes. Envers néfaste du jour et de la lumière, la nuit est un état indéterminé, proche du chaos original, où notre inconscient peut se libérer des carcans que la société impose.

Le vampire symbolise aussi l’appétit de vivre, qui renaît chaque fois qu’on le croit apaisé et que l’on s’épuise à satisfaire en vain, tant qu’il n’est pas maîtrisé. En réalité, on transfère sur l’autre cette faim dévoratrice, alors qu’elle n’est qu’un phénomène d’autodestruction. Voleur de vie, le vampire en absorbant l’autre s’approprie sa puissance et ses pouvoirs. Basé sur la dialectique du persécuteur-persécuté, de l’avaleur-avalé ou du vainqueur-vaincu, il ne survit que grâce à sa proie dont il dérobe petit à petit la substance vitale, tel un parasite. Le liquide corporel qu’absorbe le vampire n’est pas anodin non plus. En effet, le sang exerce à la fois une fascination sur les hommes, car il est la métaphore de la vie, mais également une répulsion en étant le véhicule de nombreuses maladies et infections. Interdit dans toute cérémonie religieuse par l’Eglise (même si la symbolique est maintenue et sa présence sacralisée), le sang a un parfum diabolique de pouvoir occulte qui ne peut qu’attiser les bas instincts.

Acculé de par sa nature à toujours trouver du sang frais pour se nourrir, le vampire est l’incarnation des instincts refoulés de l’Homme, capables de le faire régresser à un stade primitif animal. Dans le cas précis de Dracula, ce dernier symbolise la survivance de la noblesse féodale venue d’une contrée lointaine, où les mœurs et les coutumes décadentes semblent surgir d’une autre époque, face à une société victorienne bourgeoise ayant triomphé de la noblesse déliquescente grâce à un retour aux bonnes mœurs et au contrôle de la violence. Représentant la tentation à laquelle on ne peut résister, il personnifie la sexualité puissante et encore inconnue qui étreint le corps des jeunes gens. Symbole de la faute et du péché, le vampire apporte avec lui la volupté interdite de toute société réprobatrice qui entraîne inexorablement la mort et la destruction.


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Les mille visages de Dracula (2)  (Les vampires) posté le vendredi 09 février 2007 03:58



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Saigneur et maître

 

Bercé depuis sa plus tendre enfance par les récits et les vieilles légendes irlandaises contées par sa mère, le jeune Bram ne pouvait rester impassible très longtemps au fantastique. En grandissant, sa curiosité le pousse à approfondir sa connaissance du floklore local avec des ouvrages comme « Irish Popular Superstitions » de Sir William Wilde (1853) et « Ancient Legends of Ireland » de Lady Wilde (1888). Il découvre alors peu à peu le monde des esprits qui peuple l’Irlande : la « banshee » (femme gémissante venant annoncer une mort imminente), le « leprechaun », les « water-sheeries » (âmes errantes hantant les cimetières et craignant les crucifix) et la « cluriane » (fée solitaire qui suce le sang des humains)… La littérature gothique qu’il dévore, notamment « Carmilla », la nouvelle de Joseph Sheridan Le Fanu, finit de sceller son destin. Conquis par l’aspect vampirique de la comtesse hongroise Erzebeth Barthory sacrifiant de jeunes vierges pour se baigner dans leur sang, par l’érotisme général de l’ouvrage mais également par le saphisme latent entre les deux héroïnes, Stoker décide à son tour de prendre la plume pour immortaliser ses plus cruels fantasmes. Dracula est né… et un mythe est en marche. « Son visage donnait une impression de force, avec son nez fin et aquilin, des narines particulièrement larges, un front haut et bombé, des cheveux qui se clairsemaient aux tempes, mais, ailleurs, épais et abondants. Les sourcils, massifs, se rejoignaient presque à l’arête du nez et paraissaient boucler tant ils étaient denses. La bouche, pour autant que je pusse l’entrevoir, sous l’épaisse moustache, présentait quelque chose de cruel, sans doute en raison de ses dents éclatantes et particulièrement pointues ». Sous la plume de Stoker, le comte Dracula devient un homme visiblement âgé, de grande taille, imposant, glabre à l’exception d’une longue moustache blanche, mais au regard perçant voir cruel. Entièrement vêtu de noir, il déambule dans son château avec une aisance aristocratique surprenante, d’où se dégage un étrange et sensuel mélange d’élégance et de brutalité. Imprégné par les contes populaires et les récits sur le sujet, Stoker conserve un certain nombre des caractéristiques traditionnelles du vampire comme sa force surhumaine, son état léthargique diurne, son aversion pour l’eau, l’ail et les symboles de la chrétienté, ainsi que sa capacité à déchaîner les éléments naturels, à se dématérialiser ou à se métamorphoser (en chauve-souris ou en bête féroce), tout en lui offrant quelques éléments issus tout droits de son imagination comme la remarquable relation télépathique entre le vampire et sa victime. Cultivé et polyglotte, Dracula revêt son aura de séducteur, reléguant sa difformité et son physique monstrueux au rang des vieilles idées reçues. Sorte d’antéchrist bravant Dieu et les hommes, le comte est désormais un être moralement décadent mais physiquement attrayant.

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Les mille visages de Dracula (1)  (Les vampires) posté le jeudi 08 février 2007 23:15


 

 

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Créature fantastique par essence, le vampire est un être à la fois repoussant et attirant qui connut, presque en même temps que la naissance du cinéma, les faveurs du grand écran. Dès 1896, les suceurs de sabs sont à l’honneur dans Le Manoir du diable, de Georges Mélies. S’adaptant aux modes et aux époques, s’imprégnant des mœurs en vigueur et des malaises de chaque société, le vampire a vu son image se modifier au fil des temps…

 


Légendes, mythes et récits divers attestent que la croyance dans le vampirisme existe depuis l’aube de l’humanité, à travers de nombreuses civilisations. Médée ou Circée dans la mythologie grecque, par exemple, utilisaient le sang pour rajeunir quiconque le leur en faisait la demande. D’anciennes tribus guerrières africaines, australiennes ou chinoises, buvaient le sang de leurs ennemis pour s’approprier leur force. Même la Bible évoque des créatures étranges qui s’abreuvent de sang humain. Mais, malgré ces évocations, ce n’est qu’en 1725 que le terme de vampire apparaît officiellement suite au décès d’un paysan hongrois qui aurait ressuscité avant de mordre huit personnes de son village. Très rapidement, des histoires du même type se feront entendre un peu partout en Europe. Accusés de tous les maux, les vampires deviennent responsables de tout ce que l’on ne peut, à l’époque, expliquer, comme les épidémies des peste, de fièvre jaune, de variole ou encore de choléra.

 

Siècle des lumières aidant, la littérature récupère rapidement le phénomène vampirique sous l’influence de différents traités parlant de ce sujet, et notamment celui de l’abbé Dom Calmet intitulé « Traité sur les apparitions des esprits et sur les vampires ou les revenants de Hongrie, de Moravie, etc » publié en 1751. Les poètes allemands (Auguste Ossenfelder, Johann Wolfgang von Goethe et un peu plus tard Ernest Théodore Amadeus Hoffman) s’emparent de la thématique qui commence à influencer leurs collègues anglais, Robert Southey et Sir Walter Scott en tête. Source intarissable d’inspiration, les romans se suivent, dont « Le Vampire » (1818) de John William Polidori, basé sur un récit inachevé de Lord Byron, « Lamia » (1820) de John Keats qui s’inspire d’une histoire de Goethe ou encore l’anonyme « Varney the Vampire ». Peu à peu, les caractéristiques de ces êtres hors normes se mettent en place comme l’initiation sexuelle ou les méthodes presque scientifiques pour tuer un vampire. La littérature française de l’époque n’est pas en reste avec, entre autres, « La morte amoureuse » (1836) de Théophile Gautier ou « Toi le vampire » (1868) du comte de Lautréamont. Mais ce n’est véritablement qu’en 1897 sous la plume de Bram Stoker que le phénomène vampirique prend son envol avec « Dracula ».


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